Que faire quand mon implant bouge ?
Un implant dentaire est une racine artificielle en titane, ancrée dans l’os de la mâchoire. Sa stabilité fait tout son succès à long terme. Il arrive pourtant qu’un mouvement inhabituel soit perçu, au niveau de l’implant ou de sa couronne. Selon le moment où il survient et selon son origine, la conduite à tenir change.
Mon implant bouge juste après la pose
L’ostéointégration, le processus par lequel l’os se forme directement au contact de la surface de l’implant en titane, demande en moyenne 6 à 12 semaines, selon la qualité osseuse, le site concerné et la procédure chirurgicale. Pendant et juste après cette période, deux situations très différentes peuvent expliquer un mouvement.
C’est la vis de cicatrisation
Je viens de poser mon implant, je suis en phase de cicatrisation et je n’ai pas encore la couronne : l’implant est posé dans l’os alvéolaire, et une petite vis de cicatrisation protège son pas de vis. Cette vis maintient les tissus mous ouverts pendant la guérison et prépare l’espace destiné à la future prothèse, sauf quand le chirurgien décide volontairement d’enfouir l’implant. Pendant cette phase, il arrive que la vis provisoire se desserre, voire se dévisse complètement : le brossage, la mastication ou les vibrations d’un deux-roues motorisé suffisent. La situation est bénigne, sans conséquence sur le pronostic de l’implant à long terme. Il faut en revanche contacter rapidement son médecin-dentiste pour remettre la vis en place et éviter que la muqueuse ne cicatrise sur l’implant.
L’implant n’est pas ostéointégré
Si, au terme de ces 6 à 12 semaines, l’implant présente une mobilité même minime, c’est malheureusement le signe d’un échec d’ostéointégration. Les raisons peuvent être multiples : cicatrisation en tissus mous au lieu de tissu osseux, infection, surcharge occlusale prématurée, diabète mal équilibré, mauvaise cicatrisation osseuse. Dans ce cas, l’implant doit être retiré. Ce n’est pas un échec définitif : une deuxième pose pourra être envisagée ultérieurement.
Une fois l’implant bien intégré
C’est la couronne qui bouge
Une fois l’ostéointégration acquise, la couronne prothétique est fixée sur l’implant, par collage ou par vissage. Si un mouvement est perçu à ce stade, c’est le plus souvent la couronne qui bouge, et non l’implant lui-même. Direction le médecin-dentiste pour la refixer.
Descellement d’une couronne scellée. Certaines couronnes sur implants sont scellées, c’est-à-dire collées à l’aide d’un ciment. Ce n’est plus la technique recommandée aujourd’hui, mais elle l’a été par le passé : de nombreuses couronnes sur implants sont encore scellées. Avec le temps, le ciment peut se dissoudre ou se fracturer, et la couronne se desceller. Le médecin-dentiste peut le plus souvent la resceller, après avoir contrôlé l’état de l’implant et de la couronne.
Couronne dévissée. Il existe des systèmes implantaires où la couronne est vissée à l’implant. Cette vis peut se desserrer progressivement, notamment en cas de parafonctions comme le bruxisme (grincement de dents), mais parfois simplement par l’usage : mastication, brossage, deux-roues motorisé. Comme dans le cas précédent, le médecin-dentiste resserre la vis, ou la remplace si elle est trop abîmée, et le tour est joué.
L’implant lui-même bouge
Si on en arrive là, malheureusement : game over. Un implant qui bouge dans sa totalité signe le plus souvent une péri-implantite, souvent accompagnée de douleur. C’est une inflammation-infection des tissus de soutien de la dent ou de l’implant. Et oui : ce n’est pas parce que c’est une dent artificielle qu’il ne faut pas la nettoyer. Elle n’aura certes pas de carie, mais on peut perdre l’implant par manque d’hygiène ou de suivi, surtout quand on est sujet à la parodontite. La péri-implantite enclenche un mécanisme qui résorbe l’os autour de l’implant ; quand la perte osseuse est trop avancée, l’implant doit être explanté.
Un implant peut également bouger à la suite d’une surcharge occlusale, mécanisme qui engendre une désostéointégration aseptique, c’est-à-dire sans présence de bactéries.
La fracture implantaire
On finit par le plus rare : la fracture de l’implant, au niveau du col ou du corps implantaire. Là aussi, la seule issue est le retrait de l’implant existant, et une replanification ultérieure du remplacement de la dent si le patient le souhaite. Cette complication reste rare quand les recommandations de pose ont été respectées.
Implant ou couronne mobile : quand consulter ?
Consultez votre médecin-dentiste dès qu’une mobilité est détectée, qu’elle concerne la vis, la couronne ou l’implant. Le diagnostic précis pourra être posé et votre dentiste vous proposera la meilleure solution.